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Une marche nocturne dans une panne planifiée

March 24, 2011

Voici le blog de illcommonz qui a été traduit par Lisa Tang.  La version anglaise apparaît ci-dessous.  Merci, Lisa!


Ce soir était la soirée d’une panne d’électricité planifiée dans le quartier où je vis, et ainsi, j’ai décidé d’aller me promener, ayant glissé un transistor dans ma poche pour que je puisse écouter le NHK. Ma maison est accidentellement située sur la frontière de deux regroupements arbitraires localisés par Tokyo Electric, donc la lumière illuminait un côté de la rue alors que l’autre côté plongeait dans la noirceur. La lune était présente, faisant en sorte que le dehors soit plus éclairé qu’à la maison. Il n’y avait pas de nuage dans le ciel et les étoiles brillaient très clairement. Le vent du nord était froid, mais marcher dehors me gardait au chaud, ce qui était mieux que se blottir chez soi. Effectivement, en étant dehors, je pouvais voir des rues de manière que je ne pourrais normalement voir et penser ce que je ne pourrais autrement penser. Une rue sans lampadaire ou sans feu de circulation semblait dépourvue de vie, totalement inerte. Au début, je me disais :  « C’est comme si j’avais échoué dans un territoire inhabité » et « je me demande combien de temps je pourrais marcher de même. » Ces genres de pensées ténébreuses revenaient, mais plus je marchais, plus je devenais habitué à mon environnement, jusqu’à ce qu’il devienne familier même, comme si je l’avais déjà vu. Et en effet c’est déjà arrivé : ces rues étaient semblables à celles que je voyais dans mon enfance durant la nuit. Avant l’arrivée des supermarchés et des épiceries 24-heures. Ça c’était de quoi une rue avait l’air dans la noirceur (même si on avait quand même des lampadaires et des feux de circulation). En pensant ainsi, le moment présent ne paraissait plus aussi étrange ou spécial. J’ai décidé de prendre cette opportunité pour revivre une nuit réelle, puisque je n’ai pas pu le vivre depuis plus d’une décennie. J’ai décidé d’accepter ce paysage et de respirer cet air. Attentif à ce qui pourrait se passer, si le pire des scénarios est pour arriver, je me force à inspirer et expirer le plus d’air de dehors possible tout en marchant. En marchant dans les rues sans lumière, plongées dans la noirceur, on devient reconnaissant même de l’éclairage fugitif qui vient d’un phare d’une bicyclette passagère—j’ai envisagé que la prochaine fois que je me promènerai, j’amènerai ma bicyclette. Des gens, qui semblaient faire partie d’une patrouille pour la prévention de crime, me passait à côté, et je les ai salués en lançant : « Gokurôsama-desu » —merci pour votre travail fort. J’ai passé à côté d’un jeune policier qui dirigeait le trafic, et je lui ai également dit : « Gokurôsan. » Je n’étais ni membre de patrouille, ni un dirigeant de trafic. En ce sens, j’avais peut-être l’air suspect (après tout, je portais une parka noire afin de dissiper le froid, et par-dessus, un gilet hanten noir), mais tous me répondaient assez agréablement : « il fait noir, alors faite attention. » J’ai senti un je-ne-sais-quoi dans les réponses, dont l’écrivaine Rebecca Solnit devrait appeler dans ses mots « une utopie de désastre ». J’ai réfléchi à beaucoup de choses pendant que je marchais. Par exemple, pourquoi y aurait-il le concept de « bénévolat de désastre » mais pas « d’activisme de désastre. » J’ai songé à organiser un bike block pour éclairer les endroits obscurcis par la panne. Je ne devrais pas juste y penser, je devrais vraiment le faire—j’ai juré que je commencerai demain si les circonstances sont favorables. J’ai marché un bon deux heures, et j’ai réalisé que j’ai réfléchi à beaucoup de choses. Respirer l’air d’une vraie nuit encore une fois, depuis si longtemps, j’ai pensé au monde que vivais durant mon enfance, la façon dont je vivais durant mon enfance—c’est plus que penser, je me suis souvenu. J’ai pensé que je devrais l’écrire, quand le temps viendra, quand j’aurai la chance. Et je crois que ça viendra—j’en suis sûr.

Postscript : Ainsi, la panne s’est terminée, et au moment où tous les lumières de la rue se sont allumées (et c’était plutôt un beau moment), la première chose que j’ai vu était un feu de circulation, tourné en vert. J’ai pensé :  « un bon augure, il y en a un. »

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